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Une rescapée parmi tant d'autres


Une rescapée… parmi tant d'autres

par Diane Stiner

D'abord, on m'a appelée Tina, à un autre moment Chokito, ensuite à nouveau Tina. Ou vice et versa ?

Bref, c'était la valse des changements et maintenant ça m'est égal puisque depuis plusieurs années on m'appelle Smartie dans mon troisième foyer suisse. J'en ai vu du monde du haut de mes plus ou moins 7 ans et demi. Un monde de bipède tous fous de mon point de vue ! Et si faibles : vous y auriez été comme – avec le caractère bien trempé que j'ai – hé bien vous auriez pris les commandes et dirigé tout ce monde de "gueule" ferme.

Arrivée dans mon troisième foyer suisse, je peux vous dire que j'avais vraiment pris l'habitude de mener à la baguette le monde des bipèdes ! Mais là, je me suis cognée contre un os ; des surprises m'attendaient : quand j'ai décidé de faire pipi sur un tapis douillet, on m'a flanquée dehors sans aucun respect. Et quand j'ai utilisé un autre tapis moelleux comme endroit confortable pour me soulager les intestins, c'est sans ménagement que j'ai été flanquée à nouveau dehors.

Et quand j'ai aboyé au premier bruit qui me dérangeait dans mon nouveau chez moi, on m'a grogné sans scrupule un "non" retentissant et catégorique. Dur, dur.

Je dois admettre que j'ai été un peu étonnée par ces nouveautés !

Plus tard, j'avais repéré un agréable fauteuil d'où je pouvais exercer mon envie de contrôler la situation de cette maisonnée-là. Mais voilà qu'un autre "non" retentissant me stoppait dans mon élan et qu'un "à ta place" m'obligeait à retourner dans un petit lit, très douillet par ailleurs et spécialement préparé pour moi.

Comme j'ai un caractère bien trempé, tout ceci ne m'a pas beaucoup impressionnée et je me suis adaptée. Disons que j'ai lâché du lest en pensant qu'après tout, pour une fois, j'avais peut-être trouvé un chef dans ce foyer. Finalement, j'ai même accepté que mon bipède passe les pas-de-porte en premier.

Tous les jours, sans exception, par beau ou mauvais temps, on va promener dans les bois et dans les champs. Et ça mes amis, c'est un vrai bonheur : je suis libre, libre ; je peux enfin courir autant que je veux et dépenser toute mon énergie accumulée depuis des mois et des mois dans mes précédents foyers : j'y étais toujours retenue par ces bras prolongés qu'ils appellent flexi. Maintenant, je peux courir, trotter, aller et venir, m'arrêter, re-courir, re-trotter, faire comme je veux et comme je le sens.

Là je suis comme folle, ces grands espaces me grisent et toutes ces odeurs me titillent mes fines narines, j'exulte de tous mes besoins canins !
Mais attention, j'ai compris que je devais toujours garder un œil attentif sur ma bipède… Parce que ça lui prend tout à coup de tourner à droite, ou alors à gauche, ou même de faire demi-tour pour revenir en arrière et prendre une direction qui me paraît illogique. Bref, c'est très inattendu. J'ai donc intérêt à ne pas être trop distraite pour ne pas la perdre de vue, même quand je fais des galipettes. D'autre part, chaque fois que je vais vers elle, elle est toujours toujours tellement contente, c'est une vraie explosion de joie et de félicitations. Alors pourquoi je la quitterai ?

Après ces longues promenades, quand on rentre à la maison, je regarde mon bipède s'attabler et manger. Je sais que j'aurai ma portion quand ce sera mon tour… et je ne me gênerai pas de l'engloutir. Ma panse bien remplie, je m'en retourne à ma place à moi et m'endors comme une bienheureuse toute la nuit. Sans me réveiller une seule fois.

… Pas comme avant, dans un autre de mes foyers où je réveillais toute la maisonnée au milieu de la nuit parce que j'avais décidé que je voulais jouer et courir, au lieu de dormir.

Au cours de ma première année, j'ai réalisé avoir trouvé "un chef" pas trop mauvais. Bien sûr, de temps en temps je dois tester si ses limites sont toujours bien fixées, car cette dirigeante-là a des faiblesses comme tous les autres bipèdes, hein !

Oui, elle me fixe toutes sortes de limites qui lui conviennent, mais dont je me satisfais très bien. En contrepartie, elle me laisse une exquise liberté dans la nature et dans mes instincts de chien, m'offrant en plus le gîte, la nourriture et les soins. Quoi de mieux ?

Comme disent si bien les bipèdes : elle m'aime. Moi, petit quadrupède de l'espèce Canis Familiaris, je ne vous dirai pas si je l'aime en retour – je dirai… hé bien, laissons planer le mystère !

Ah ! Encore une chose : je suis très douée pour rapporter des objets. Et ma bipède me confie ses clés, son paquet de cigarettes ou de mouchoirs. Elle me confie ses trésors, quoi ! Alors moi aussi je lui confie les miens. Un jour, j'ai trouvé une délicieuse tête de taupe dans un pré et je la lui ai apportée. Une autre fois, je lui ai rapporté une crotte de renard toute desséchée, mais très bonne à consommer.

Chaque fois que je lui rapporte un de mes trésors à moi, elle est très contente et me félicite joyeusement. Avec un sourire un peu crispé, j'en conviens… Mais enfin, j'en déduis que je suis le gardien de nos trésors et que je dois les porter et les lui confier.